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Le patrimoine archéologique du Rhône

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Mis à jour : 27 octobre 2014

À l'époque romaine, le territoire du département du Rhône s'étendait sur deux provinces, la Lyonnaise et la Narbonnaise, et incluait deux des plus grandes villes de la Gaule, Lugdunum et une partie de Vienna. De ce passé bimillénaire, le département a hérité un patrimoine archéologique majeur, à Lyon et à Saint-Romain-en-Gal, valorisé par de remarquables musées historiques.

L'ensemble, unique en France, offre par la diversité des sites et l'importance des collections, un exceptionnel panorama de la civilisation gallo-romaine. Hors de ces métropoles, les impressionnants vestiges de l'aqueduc du Gier, ou les remparts d'Anse, témoignent aussi de l'impact de la civilisation romaine. Mais l'archéologie ne se limite pas à l'Antiquité, comme en attestent les recherches conduites sur les mines d'argent médiévales de Pampailly.

› LUGDUNUM

Prospère et prestigieuse métropole des Gaules

La colonie romaine de Lugdunum, fondée en 43 avant J.-C., fut choisie par l'empereur Auguste comme capitale de la province de Lyonnaise. Point de départ des grandes routes gallo-romaines vers le Rhin, la Manche, l'Aquitaine et la Narbonnaise, Lugdunum devient rapidement une capitale économique, par où transitent tous les produits importés du bassin méditerranéen. Par la présence du grand sanctuaire fédéral (l'autel des Trois Gaules), inauguré en 12 avant J.-C., c'est aussi la métropole religieuse des trois provinces qui composent la Gaule celtique. Le site des théâtres sur la colline de Fourvière, placé sous la responsabilité du Département du Rhône, restitue aujourd'hui la monumentalité de ses édifices publics les plus prestigieux. Le musée, conçu par B. Zehrfuss, est une oeuvre majeure de l'architecture du XXe siècle. Enrichies par près de cinq siècles de découvertes, les collections abordent tous les aspects de la vie publique et privée d'une capitale de l'Empire.

› SAINT-ROMAIN-EN-GAL/VIENNE

Lumières sur la ville romaine

Face à la ville de Vienne, le site de Saint-Romain-en-Gal, sur la rive droite du Rhône, invite à découvrir les vestiges d'un quartier urbain investi par de riches Gaulois, séduits par le mode de vie à la romaine. Des demeures luxueuses, comme la maison des dieux Océan (plus de 3000 m2), embellies par de vastes jardins à péristyle et des sols de mosaïques, voisinent avec des entrepôts et des boutiques. Le musée de site, ouvert en 1996, est l'œuvre des architectes P. Chaix et J.-P. Morel. Les collections issues des fouilles, enrichies par le dépôt d'un ensemble de mosaïques consenti par la Ville de Vienne, permettent de dresser un panorama complet de la vie quotidienne au cours des premiers siècles de notre ère. Un centre de recherche archéologique et un atelier de restauration de mosaïques complètent cet ensemble, propriété du département du Rhône.

› CHAPONOST

Le génie des ingénieurs romains

Construit au Ier siècle après J.-C., l'aqueduc du Gier, d'une longueur de 75 km, alimentait Lyon depuis les environs de Saint-Chamond dans la Loire. De nombreux ouvrages d'art jalonnent son tracé et attestent la parfaite maîtrise des problèmes hydrauliques par les ingénieurs romains. La mise en œuvre des siphons, dispositifs destinés à franchir les vallées, constitue une des originalités de cet aqueduc. La partie la plus spectaculaire du tracé se trouve à Chaponost, au lieu-dit Le Plat de l'Air. L'aqueduc, porté sur une série de 72 arcades, imprègne fortement le paysage qui évoque la campagne aux environs de Rome. La ville de Lyon recevait alors 80 000 m3 d'eau par jour dont 25 000 m3 par l'aqueduc du Gier.

› ANSE

À l'ombre des remparts

De l'époque gallo-romaine, Anse (Asa Paulina) conserve d'importants vestiges d'un castrum qui fit de la bourgade une étape fortifiée sur l'axe Lyon-Macon. L'enceinte, construite au cours de la seconde moitié du IIIe siècle, couvre une superficie de quelque treize hectares. Elle était flanquée de quinze tours rondes, de 8 à 9 mètres de diamètre, espacées d'une trentaine de mètres, qui assuraient la défense de la cité. Anse a profité de sa position stratégique, contrôlant une voie importante et la traversée de la Saône, pour développer son activité commerciale.

› MINES DE PAMPAILLY

L'argent de Jacques Coeur

À l'époque médiévale, sous le règne du roi Charles VII, les mines de Pampailly étaient les principales mines d'argent du Royaume de France pendant la guerre de Cent Ans. Exploitées essentiellement pour l'argent, elles produisaient aussi de grandes quantités de plomb et un peu de cuivre. Prospections souterraines, fouilles et études de laboratoire ont été confrontées aux textes anciens. Cette démarche a permis de reconstituer de nombreux aspects techniques, économiques et sociaux de la vie de l'exploitation. Ces mines, qui étaient administrées par Jacques Coeur, grand argentier du Royaume, ont été l'objet de recherches archéologiques qui ont donné lieu à une publication.

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