LE THEATRE et L'ODEON
Un lieu exceptionnel au coeur de Lugdunum
Tourné vers le soleil levant et dominant le confluent du Rhône et de la Saône, avec une vue qui porte jusqu’aux Alpes, ce site remarquable a été investi peu de temps après la fondation officielle de la ville, en 43 avant J.-C.
Le grand théâtre bâti vers 15 avant J.-C. est l’un des plus anciens de la Gaule.
Plus loin, l’odéon, petit théâtre réservé à la musique, est construit vers les années 100 après J.-C.
Ces deux monuments de spectacle pouvaient accueillir près de 13 000 personnes.
Durant trois siècles, ce quartier sera au cœur de la vie collective de la cité.
Il est abandonné à partir du IIIe siècle après J.-C. : peu à peu, les monuments utilisés comme carrières disparaissent du paysage. Leurs vestiges seront mis au jour et restaurés au cours de la première moitié du XXe siècle.
En 177 après J.-C., la communauté chrétienne de Lyon subit une persécution relatée dans la lettre que les Chrétiens de Vienne et de Lyon adressèrent alors à leurs frères d’Asie. Elle nous apprend que six martyrs périrent dans l’amphithéâtre. Pendant plusieurs siècles, la recherche de ce lieu mémorable a constitué le problème central de l’archéologie lyonnaise. Tour à tour, les deux monuments bâtis sur les pentes de Fourvière, très partiellement explorés, passèrent pour l’Amphithéâtre tant recherché. C’est pour résoudre définitivement cette question que fut entrepris en 1933 leur dégagement complet. Finalement, ce sont deux édifices en forme d’hémicycle qui furent mis au jour. Quant à l’amphithéâtre, il était construit sur les pentes de la colline de la Croix-Rousse.
Le pavement de l’odéon, réalisés avec les plus beaux marbres de l’empire
Cette composition géométrique associe les pierres colorées les plus coûteuses du monde romain : porphyre vert de Grèce, porphyre rouge d’Egypte, granite d’Egypte, marbre jaune d’Afrique, violet et rouge d’Asie Mineure… La présence de tels matériaux révèle le caractère prestigieux du monument. Elle nous permet d’imaginer le luxe qu’offrait l’édifice avant d’être transformé en carrière, vers le Ve siècle après J.-C.
Horaires d'ouverture du site archéologique :
Tous les jours (7/7)
Eté : du 15 avril au 15 septembre, de 7h à 21h
Hiver : du 16 septembre au 14 avril , de 7h à 19h
AUTRES SITES DE LUGDUNUM
Baptistère et vestiges des églises Saint-Etienne et Sainte Croix (IVe-XVIe siècles)
Jardin archéologique, au nord de la cathédrale Saint-Jean (5e). Accès libre.
A cet emplacement existaient deux églises qui, avec la cathédrale, formaient le groupe épiscopal de Lyon, au cœur des premières communautés chrétiennes. Au cours des années 1970, une partie de leurs vestiges, découverte au cours d’une fouille de sauvetage, a été restaurée puis conservée dans ce jardin crée à cet effet.
Les églises Saint-Etienne et Sainte-Croix ont été plusieurs fois agrandies avant leur destruction sous la Révolution. Aux origines de l’église Saint-Etienne, on trouve le baptistère construit au IVe siècle, un des plus anciens de la Gaule. Le volume de la cuve a été progressivement réduit pour s’adapter à l’évolution de la liturgie du baptême au cours des premiers temps chrétiens. A la fin de l’Antiquité, les monuments romains ont souvent servi de carrières pour la construction des édifices chrétiens : le long de la Saône, dans les fondations du mur du IVe siècle, ont été découverts plusieurs blocs issus du démontage d’un monument construits en l'honneur d'une famille gauloise.
Thermes romains - rue des fargesThermes romains (IIe-IIIe siècle après J.-C.)
Rue des Farges (5e) Accès libre.
A l’arrière des immeubles du n° rue des Farges, le visiteur découvre un ensemble de vestiges mis au jour au cours des années 1970. C’est la construction de ces immeubles qui fut à l’origine d’une des premières grandes fouilles archéologiques préventives à Lyon. A l’issue de cette opération, une partie des vestiges a été restaurée. Dans ce secteur de la colline de Fourvière densément occupé durant l’Antiquité, les archéologues ont mis au jour des constructions sur trois terrasses étagées. Seules sont visibles les deux terrasses inférieures : en haut, on peut voir le mur de façade d’une maison construite le long d’une rue qui se prolongeait au nord jusqu’au théâtre antique. En bas, de puissantes fondations appartiennent à un vaste établissement de bains publics, qui se développaient sous l’actuel lycée Jean Moulin. La partie visible correspond à la façade sud du bâtiment, marquée par les deux grandes absides des salles chauffées.
Saint Laurent de Choulans : basilique et nécropole (fin Ve-VIe siècle après J.-C.).
Quai Fulchiron, près de l’entrée du tunnel de Fourvière (5e) .Accès sur Visites guidées uniquement (s’adresser au musée gallo-romain de Fourvière).
Abrité sous un immeuble moderne, dans une boucle autoroutière d’accès au tunnel, cet ensemble qui remonte aux premiers temps chrétiens a été d’abord fouillé en 1947, par Pierre Wuilleumier et le célèbre préhistorien André Leroi-Gourhan. Les vestiges sont visibles depuis plusieurs points de vue surplombant le site. Seules les fondations de la moitié nord de l’église sont conservées, ainsi que de très nombreuses tombes en sarcophages. Elles illustrent de façon spectaculaire une pratique funéraire générale à cette époque, où les fidèles étaient enterrés dans le sous-sol même des lieux de culte.
Saint Just : basilique et nécropole (IVe-VIIIe siècle après J.-C.)
Rue des Macchabées (5e). Accès libre.
Sur cette terrasse suspendue au dessus de la Saône, ce sont succédé un habitat gallo-romain, le mausolée d’un des premiers évêque de Lyon, puis une basilique reconstruite cinq fois successivement, de la fin du IVe au XIIIe siècle. Le site a été fouillé au cours des années 1970. Il présente aujourd’hui les fondations partiellement restaurées des édifices de culte. Tout autour, sont conservés des sarcophages retrouvés à l’intérieur de la basilique.


