A 30 km au sud de Lyon, sur la rive droite du Rhône, le site archéologique de Saint-Romain-en-Gal - Vienne offre sur plus de trois hectares les vestiges d’un quartier de la ville romaine de Vienne.
Dans l’Antiquité, Vienna, capitale d’un vaste territoire couvrant le Dauphiné et la Savoie, s’étendait de chaque côté du Rhône.
Aujourd’hui, le site archéologique et le musée de Saint-Romain-en-Gal transportent le visiteur il y a 2000 ans, dans l’une des plus riches cités de la Gaule romaine.
L’héritage de Vienne gallo-romaine
Le visiteur qui découvre Saint-Romain-en-Gal doit bien garder à l’esprit la topographie de l’Antiquité : entre le Ier siècle avant et le IVe siècle après J.-C., Vienna, une des plus grandes villes de la Gaule romaine, s’étendait de part et d’autre côté du Rhône.
Aujourd’hui, trois communes et deux départements se partagent son héritage :
- Vienne, sur la rive gauche, dans le département de l’Isère ;
- Saint-Romain-en-Gal et Sainte-Colombe sur la rive droite, dans le département du Rhône.
Le paysage urbain n’était pas identique de chaque côté du fleuve.
Sur la rive droite, s’était développé un quartier essentiellement résidentiel et commercial, dont le site classé de Saint-Romain-en-Gal offre une image très suggestive.
Le centre politique et religieux, ainsi que les édifices de spectacles étaient implantés sur la rive gauche.
La découverte du passé
Dès le XVIe siècle, érudits et chercheurs se passionnent pour les antiquités qui apparaissent partout sur le territoire de l’ancienne cité. Sur la rive droite, les vestiges des grands thermes publics restés en élévation, et connus sous le nom de Palais du Miroir, attestent la splendeur passée de la ville romaine.
Nicolas Chorier, avocat au Parlement de Grenoble, les décrit dans son ouvrage, Antiquités de la ville de Vienne, paru en 1658.
À la fin du XVIIIe siècle, Pierre Schneyder, fondateur du Musée de Vienne, réalise des fouilles dans le secteur du site aujourd’hui classé, et met au jour plusieurs pavements.
Jusqu’au début du XXe siècle, les découvertes de mosaïques, le plus souvent fortuites, seront nombreuses sur tout le territoire de Sainte-Colombe et de Saint-Romain-en-Gal.
Le musée de Saint-Romain-en-Gal - Vienne
Pour répondre aux exigences d’un musée de site, assurer la présentation, l’étude et la conservation des collections, Philippe Chaix et Jean-Paul Morel, lauréats du concours d’architectes, ont réalisé deux bâtiments très différents dans leur conception.
L’ensemble, achevé en 1996, représente une surface de plus de 12 000 m2.
Le long du fleuve, le bâtiment d’exposition permanente édifié au-dessus d’une maison romaine est implanté sur pilotis.
Perpendiculaire au Rhône, le bâtiment d’accueil aux structures de béton apparaît fortement ancré au sol. Il accueille les différentes fonctions du musée : billetterie, exposition temporaire, boutique et restaurant, ainsi qu’un centre de recherches et un atelier de restauration des mosaïques.
Le musée vu de la rive gauche du Rhône (architectes Ph. Chaix et J.-P. Morel)
Élément fort du paysage, le musée placé dans le prolongement du pont sur le Rhône assure symboliquement la continuité entre les deux rives, référence évidente à l’unité urbaine de l’époque romaine.
Le bâtiment d’exposition permanente
Construit sur pilotis, cette structure aérienne épouse fidèlement le plan d’un îlot de la ville romaine exploré avant sa construction. Transparent sur toutes ses façades, le bâtiment d’exposition permanente offre une vue d’ensemble sur le quartier gallo-romain de Saint-Romain-en- Gal, le Rhône et la ville de Vienne sur la rive gauche.
Vue intérieure de la salle d’exposition permanente
La qualité de l’architecture et de la lumière, les rapports entre les œuvres et le site rendus possibles grâce à la transparence du bâtiment, composent une scénographie unique qui valorise les collections.


