Pont de Condrieu

Pont de Condrieu : un chantier aux enjeux majeurs

Publié le 03.07.2026

La rénovation du pont de Condrieu est certainement le défi technique le plus difficile qu’ait eu à relever le Département du Rhône.

Le vétuste pont suspendu sur le Rhône datant de la Seconde Guerre mondiale qui relie Condrieu (Rhône) aux Roches-de-Condrieu (Isère) est interdit aux poids lourds et aux bus depuis 2020 et aux véhicules légers depuis mai 2026 après avoir montré des signes de dégradation structurelle.

Le chantier conduit par le Conseil départemental du Rhône, estimé à 30 M€ financés à parité avec l’Isère, est complexe, entre sinuosité marquée du fleuve à cet endroit, impacts sur la navigation, conduite de gaz propylène portée jusque-là par le pont à enfouir dans le lit du Rhône, et bien sûr attente légitime des usagers dans une zone urbaine aux forts enjeux industriels et de mobilité.

Des travaux de sécurisation ont débuté fin août 2025 pour soulager les câbles auxquels le pont est suspendu. Ils conditionnent la réouverture à la circulation automobile et le début des opérations de restauration proprement dites. 

En parallèle, des études de trajectographie permettant de simuler les conditions de navigation avec des courants modifiés par la présence des palées se sont déroulées jusqu’en mai 2026. Il s’agissait de tester à l’occasion de multiples simulations réalisées par des pilotes professionnels, le passage des différents modèles de bateaux, avec des conditions de débits du Rhône variables.

Les conclusions de ces études révèlent que la mise sous palées dans les modalités initialement prévues :

  • entrainerait un risque très élevé de chocs des bateaux sur les palées (et par voie de conséquence un effondrement du pont)
  • imposerait de lourdes contraintes à la navigation, du fait de la réduction importante des passes navigables et de la probable interdiction pour certains navires et sur plusieurs mois de l’année connaissant les débits les plus élevés.

Au regard de ces résultats, les Départements du Rhône et de l’Isère se sont immédiatement engagés dans une démarche de réduction des risques.

Une adaptation du projet consistant en une solution mixte qui complète les palées avec un haubanage a pu être proposée, compte-tenu du dévoiement à court terme de la canalisation de gaz propylène et la mise en service d’une canalisation enterrée sous le fleuve, attendue pour la fin du mois de septembre 2026. Cette solution innovante a été validée par les experts et les partenaires.

Cette solution permettra d’assurer une sécurité maximale du pont et de ses usagers et de rétablir à l’horizon de l’été 2027 la circulation des véhicules légers seulement (poids inférieur à 3,5 t) en alternat, tout en maintenant la circulation des modes doux.