Sentier mémoire de Genas, Chemin des Fusillés
Inauguré le 3 juillet 2026, le Sentier Mémoire de Genas est le troisième du nom à voir le jour sur le territoire du Rhône. Objectif : valoriser des tracés de randonnée en proximité de sites ayant connu des moments tragiques ou de Résistance tout en valorisant le travail de mémoire réalisé par de jeunes Rhodaniens.
Les Bandes-dessinées des élèves
Cliquez sur chaque BD pour les lire et les écouter.
Retrouvez la synthèse des élèves sur ce travail, pour chaque BD, ici. Ainsi que leurs explications sur leur travail, ici.
De la prison Montluc aux champs de Genas
En 1944, la prison Montluc à Lyon est utilisée par la Gestapo pour emprisonner des Résistants et opposants aux Nazis, arrêtés dans la région. À l’approche de la Libération, les arrestations et les exécutions se multiplient.
Le massacre du 12 juillet 1944
Le 12 juillet 1944, 22 prisonniers de la prison Montluc sont conduits par camion, dans les champs au lieu-dit Les Bouvarets, à Genas. D’après le témoignage de Noémie Durand, une bergère présente sur les, lieux, vingt d’entre eux sont fusillés par les soldats allemands vers 19h. Deux tentent de s’enfuir mais sont également abattus. Les corps sont laissés sur place avant d’être transportés le lendemain à la mairie de Genas pour identification puis inhumation.
La plupart des victimes sont des résistants, des réfractaires au Service du travail obligatoire ou des civils arrêtés lors de rafles. Âgés de 20 à 47 ans, certains appartiennent aux Forces Unies de la Jeunesse, parmi lesquels Hugues Barange, Henri Debiez, Henri Denis, Pierre Poncet et Pierre Toesca.
Un lieu de mémoire
Le 16 septembre 1945, un monument commémoratif a été installé sur le lieu du massacre. Les noms de 21 fusillés sont inscrits sur la stèle ; un homme n’est pas identifié (n°2). Chaque année, a lieu une commémoration pour que leur mémoire ne soit pas oubliée.

Inauguration du monument en 1945 - Archives mairie de Genas
En 2020, Hadia Noubel, professeur d’histoire-géographie au Collège Louis Leprince Ringuet, travaille avec ses élèves sur le parcours des Résistants fusillés aux Bouvarets. Au terme de recherches approfondies, ils font le choix de réaliser des bandes dessinées pour transmettre cette histoire. Leur travail a été récompensé par le premier prix académique du Concours National de la Résistance et de la Déportation. En 2026, de nouveaux élèves poursuivent cette démarche en mettant en voix les bandes dessinées et le procès-verbal du témoignage de Noémie Durand.
En 2025, la ville de Genas, avec le soutien de la Direction Régionale des Affaires Culturelles et de la Région Auvergne-Rhône-Alpes, fait réaliser une vidéo interrogeant la mémoire des aînés de la commune. Plusieurs habitantes de la commune à l’époque relatent le massacre et le climat de la guerre.
Comprendre l’entrée en Résistance
À partir de l’exemple des fusillés de Genas, le travail des élèves permet d’interroger l’entrée en Résistance dès 1940, période encore peu documentée.
Des parcours d’engagement variés
Les trajectoires des Résistants fusillés témoignent de la diversité des formes d’engagement.
Certains, comme Robert Meunier, ne rejoignent la Résistance qu’à partir de 1943, notamment en refusant le Service du travail obligatoire, illustrant une entrée progressive liée au durcissement de l’Occupation.
D’autres, comme Pierre Poncet ou Hugues Barange, s’engagent plus tôt dans des actions structurées : participation à des réseaux, production de faux papiers, aide aux maquis ou organisation de la jeunesse résistante. Leurs parcours montrent l’importance des réseaux, des rencontres et des circonstances dans l’engagement clandestin.
À l’inverse, certaines trajectoires sont marquées par une entrée immédiate en Résistance. Le cas d’Henri Denis et de sa famille illustre un refus précoce de la défaite et de la collaboration, nourri par un héritage familial et des convictions fortes, conduisant rapidement à l’engagement dans des réseaux organisés.
Un engagement progressif et complexe
Ces parcours mettent en évidence que l’entrée en Résistance n’est ni uniforme ni immédiate. Elle repose sur des cheminements personnels, influencés par le contexte, les expériences individuelles, les valeurs et les opportunités.
Résister en 1940 peut ainsi prendre des formes variées, allant d’un refus encore intérieur à un engagement actif qui se structure et s’intensifie à partir de 1942, jusqu’à conduire certains à l’arrestation et à l’exécution en 1944.
La bande dessinée comme vecteur de transmission
Fruit de leurs recherches, les élèves choisissent le format de la bande dessinée pour restituer cette diversité de parcours et rendre accessible cette histoire locale, en articulant mémoire, récit et compréhension historique.











